Laboratoire la Jeune Parque

Performance sensible autour du poème de Paul Valéry

« L’oiseau boit sur ta bouche et tu ne peux le voir
Viens plus bas, parle bas… Le noir n’est pas si noir… »

"La Jeune Parque est une œuvre née de vingt ans de silence, vingt années pendant lesquelles Paul Valéry n'a rien publié. Ecrite en pleine Première Guerre mondiale comme une absolue nécessité de retrouver un espace pour la poésie au milieu du chaos et de la mort, le poème se déploie en 512 alexandrins. Il est une invocation à ce que Valéry décrivait comme notre sentiment d’univers, et l’on assiste ici à une expérience purement sensible de la durée.  Entre cauchemar, désir et rêve éveillé, la parole puissante d'une jeune femme seule sur un rocher, entourée par la mer, se déploie lors d'une nuit suspendue hors du temps, en une tentative de saisissement des mouvements de l'âme et des pensées qui l'animent. Le poème est aussi le geste désespéré de son auteur face à son impossibilité à prendre part à l'effort de guerre. C'est un combat dont l'enjeu est la beauté, celui aussi de retrouver dans l'acte fondateur du langage, l'endroit où il nous unit en tant que peuple et où il nous réunit en tant qu'être.

A la suite d’un travail de laboratoire d’une année autour de cette forme poétique et de ses mystères, mené conjointement à un processus de recherche et transmission autour de l’œuvre de l’auteur avec les élèves de l’école nationale supérieure de l’Académie de l’Union - CDN du Limousin, nous souhaitons aboutir à une forme performative de ce poème de Paul Valéry. Une des obsessions du poète était de parvenir à établir, à révéler, un système (au sens scientifique du terme) qui parviendrait à décoder, à éclairer le rapport à la création et à la pensée. Le travail de laboratoire devra nous permettre de donner une forme sensible à cette expérience poétique et de capter les mouvements de l'acte créateur. Au travers de cette expérience, nous souhaitons donc explorer le processus créatif, dans ses plus sinueuses profondeurs autant comme moyen que comme objet artistique, en écho aux questionnements qui animent le personnage du poème."

 Julie Delille - Clémence Delille - Alix Fournier-Pittaluga -  Julien Lepreux

 

Fait avec Padlet